<Graphem - le lieu singulier

 

EXPOSITIONS EN COURS

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No Man's Land
Thibault Lucas 

"L'attente, le silence et la nuit pendant la Grande Guerre"
Encres sur papier


Du 8 au 25 février 2018

Vernissage
jeudi 8 février à 18h

Avec le soutient de la Mission du Centenaire

Dossier de presse






« Je restais longtemps assis, ce soir là, dans cet état de songerie dont se souviennent les guerriers de tous les temps, sur une souche autour de laquelle foisonnaient des anémones bleuâtres. » Ernst Jünger. Orages d’Acier

« Je travaille sur la terre en ce qu’elle a d’essentiel et d’éternel, origine et fin de tout. La terre sacrée, la terre travaillée par l’homme, la terre des champs de bataille, du sacrifice, de la mort mais surtout celle qui prouve la puissance régénératrice de la nature. Dans mes paysages, la nature et l’homme ne font qu’un. Les morts de la Grande Guerre deviennent herbes et arbres après avoir été tranchées et cratères. La terre et le sang sont mêlés. Je veux donner à mes paysages une vitalité sacrée. Dans mon sujet comme dans ma technique, j’essaye de ne garder que l’essentiel pour retrouver la vérité d’un moment et d’un espace : une couleur ou deux, des formes simples, un fond blanc. Le blanc est central dans mon travail, à la fois structure et aspiration. La fluidité de l’encre bleue me permet de troubler mon dessin rouge préliminaire, à l’image du brouillard humide sur le no man’s land ou du temps qui finit par panser ces plaies de terre et de sang. » TL

Un jeune peintre trentenaire, s’immerge dans la guerre de 14-18 et la peint de nuit, comme s’il y était appelé, 100 ans après.

Thibault Lucas, est peintre. Avec ses encres il permet à la peinture de retrouver son essence et son rôle premier : l’immersion et le rêve. Une grande économie de moyen (crayonné spontané, formes simples, ciels non peint, couleurs pures, etc..) couplée d’un sens certain de la lumière et de la perspective réconcilie le dessin à la peinture. Un peu comme s’il réussissait à faire cohabiter sur une même œuvre, le minimalisme brut de David Nash au lyrisme romantique de Caspar Friedrich.

A partir de la commémoration de la mort d’un ancêtre, Thibault Lucas s’est immergé totalement dans la guerre de 14-18. En visitant les sites historiques, en lisant les témoignages d’époque, en observant de près la terre et la boue, il peint depuis 2 ans des champs de bataille de nuit. Sans hommes et sans objets, comme pour mieux nous permettre de nous y plonger aujourd’hui et ressentir ce qu'a vécu le guetteur d’une nuit de 1918. Paysages de nuit aux reliefs tourmentés, on y sent le mystère, l’angoisse et la poésie de la nuit. On s’immerge dans ces no man’s land, sans savoir s’il s’agit du passé ou du présent. Comme dans un film, on imagine alors une voix lointaine nous racontant ce que cette terre a vécu il y a 100 ans, ces obus, ces morts, cette pluie, ce froid. L’encre bleue vibre, le silence de la nature reprend alors possession des lieux.

Né en 1984, Thibault Lucas vit et travaille à Paris. Présenté à Premier Regard par Gilles Fuchs en 2012, puis à Novembre à Vitry en 2015. Cette exposition a reçu le soutien de la Mission du Centenaire.