<Graphem - le lieu singulier

 

EXPOSITIONS EN COURS

En cours      2017      2016      2015      2014
du 6 au 31 juillet

Sabine Zaalene

Homo Sepia









néon, encre, vidéo, photographies.

Printemps 2017, archipel de Kerkennah, Tunisie.

Au bout de la rade. Les pieds immergés, nous écaillons, apprêtons, rejetons les organes et entrailles des poissons à la mer. Au fond de l’eau brillent, irisés, sortes d’oeufs ou de coquillages, des yeux. Paupières mi-closes en formes de vagues, des yeux de seiches roulent, miroitent. Inversion du regard. Face au danger, la seiche projette son encre. L’aveuglement permet la fuite. Je regarde ses yeux dans mes mains.

Au bout de la rade, je sonde l’horizon. Lampedusa est un mirage. De mon corps ici à cette Italie, une centaine de kilomètres. Apparition. Un adolescent oscille entre deux rives. Son corps zebré de lumières ressemble à la seiche luminescente traversée de rayures rapides lorsqu’elle fonce sur sa proie. Les reflets du soleil sur l’eau dansent sur son corps. Homo sepia est une lune en plein soleil.

Homo sepia serait un enfant de la Mélancolie. À cette figure et humeur antique correspond la bile noire, une matière proche de l’encre que la seiche secrète dans sa «poche du noir». Matière, écriture, dessin. Homo sepia est un être qui sourd. L’encre de seiche se compose de mélanine, le pigment de l’épiderme. Du fort intérieur à la surface de la peau miroitent d’infinies projections. Les camouflages de la seiche sont cinématographiques.

A l’inverse de Vénus naissant des flots, Homo sepia s’immerge, les yeux fermés, face à moi.

Sabine Zaalene.