<Graphem - le lieu singulier

 

EXPOSITIONS 2017

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On connait la photographie pour ce qu'elle retranscrit la capture d'un instant. Ce medium, qui est aujourd'hui à la portée de tout un chacun grâce aux stmartphones, satisfait le besoin d'immortaliser sa présence, un souvenir, une expérience, un paysage...

Memo Omur travaille depuis dix ans comme photographe pour le monde de l'information, du cinéma et de la publicité. En parallèle, oeuvre toute personnelle, il photographie la rue. Sans y réfléchir, il y cherche la vie mais pas l'intime. Une vie qui s'exprime à chaque instant en un millier de directions instantanément imbriquées, mais dont le photographe, lui, capte son propre point de vue, unique.

En dépit d'une certaine impression d'automatisme dans sa pratique, il prend conscience que les sujets qu'il photographie traduisent une détresse. Il lui apparaît alors plus clairement que cet espace urbain de béton lié au besoin de confort et de modernité est la source même de l'aliénation de l'homme. Sans se soucier du cadrage, du flou, ou de l’architecture, travaillant à l'opposé de sa technique professionnelle, la vérité éclate, comme autant d’autoportraits, de sentiments oscillant entre angoisse et espoir. Comme un miroir intérieur, se lit aussi le récit de l'humanité dans son quotidien et ses désordres ordinaires. En photographiant la vie sans artifices, il reflète la sienne.

L'exposition Man and stone se tient du 14 septembre au 8 octobre 2017 à la galerie Graphem. Elle rassemble les photographies couleur et noir et blanc personnelles que Memo Omur a prises pendant plus de dix ans lors de ses pérégrinations sur trois continents : un besoin d'évasion le menant finalement vers une fuite intérieure.








néon, encre, vidéo, photographies.

Printemps 2017, archipel de Kerkennah, Tunisie.

Au bout de la rade. Les pieds immergés, nous écaillons, apprêtons, rejetons les organes et entrailles des poissons à la mer. Au fond de l’eau brillent, irisés, sortes d’oeufs ou de coquillages, des yeux. Paupières mi-closes en formes de vagues, des yeux de seiches roulent, miroitent. Inversion du regard. Face au danger, la seiche projette son encre. L’aveuglement permet la fuite. Je regarde ses yeux dans mes mains.

Au bout de la rade, je sonde l’horizon. Lampedusa est un mirage. De mon corps ici à cette Italie, une centaine de kilomètres. Apparition. Un adolescent oscille entre deux rives. Son corps zebré de lumières ressemble à la seiche luminescente traversée de rayures rapides lorsqu’elle fonce sur sa proie. Les reflets du soleil sur l’eau dansent sur son corps. Homo sepia est une lune en plein soleil.

Homo sepia serait un enfant de la Mélancolie. À cette figure et humeur antique correspond la bile noire, une matière proche de l’encre que la seiche secrète dans sa «poche du noir». Matière, écriture, dessin. Homo sepia est un être qui sourd. L’encre de seiche se compose de mélanine, le pigment de l’épiderme. Du fort intérieur à la surface de la peau miroitent d’infinies projections. Les camouflages de la seiche sont cinématographiques.

A l’inverse de Vénus naissant des flots, Homo sepia s’immerge, les yeux fermés, face à moi.

Sabine Zaalene.










































H2O
Dévoilement de l'intimité cellulaire d'une goutte d'eau

exposition personnelle d'Iglika Christova
du 5 au 28 janvier 2017